Cette article a été repris par l’article de Nicolas Desbiendras le 10 septembre 2013, Praticien en EMDR sur Toulouse qui m’a formé et continue à me former.

Trouble Dissociatif Identité

Qu'est-ce que le trouble dissociatif de l'identité ?

Le Trouble Dissociatif de l'Identité (TDI) été autrefois appelé Trouble de la Personnalité Multiple (TPM) puisqu'il est caractérisé par la présence de plusieurs identités ou "états de personnalités" distincts qui prennent tour à tour le contrôle du comportement du sujet. On trouve souvent des amnésies sur de nombreux souvenirs car les réseaux de mémoires sont fractionnés en autant de parties distinctes, et la partie principale n'y a donc pas accès.

Quel est l'origine du TDI ? Comment se crée ce trouble ?

L'origine du TDI fait encore l'objet de recherches et de débats, on retrouve souvent l'interaction de différents facteurs: stress trop intense, capacité à se dissocier, la mise en place de défenses dans le processus normal de développement, et, durant l'enfance, des expériences douloureuses, le manque de protection contre de nouvelles expériences de ce type, etc. Il y a bien souvent une (ou des) expérience traumatisante à l'origine de cette fracture, comme un miroir qui se brise et dont chaque morceau reflète une partie différente de personnalité. La dissociation a pour fonction de maintenir hors de la perception consciente des parties intolérables du traumatisme. La personne est entrée en mode "survie" et se prive d'une partie d'elle-même pour continuer à survivre. Cette partie sacrifiée peut à ce moment-là devenir indépendante et créer une nouvelle identité plus ou moins bien construite (certaines parties ou identités sont donc parfois garantes d'un secret, d'un souvenir amnésié).

De manière globale, à son origine, on trouve des situations de vie très difficiles vécues pendant l’enfance. Ce sont souvent des expositions répétées à des violences, des sévices verbales et physiques et abus sexuels qui vont mener l’enfant ou le jeune adulte à se mettre dans un état dissociatif. On a pu rencontrer le même phénomène également chez les soldats qui ont combattu dans des circonstances extrêmes et vécus des scènes insoutenables.

Cette dissociation permet donc à la personne de survivre psychiquement à ce qui est insupportable. En se mettant dans un « état second », « en planant dans un autre monde », l’enfant ou l’adulte se protège et l’évènement traumatisant n’est pas mémorisé de la même manière. Il est même souvent difficilement accessible à la mémoire ce qui peut poser des problèmes à la victime au décours d’une démarche judiciaire.

Qui a parlé du TDI ? Onno Van Der Hart

Onno Van Der Hart (2006) parle de différentes parties:

PAN: Partie Apparemment Normale

PE: Partie Emotionnelle

La PAN est la vitrine que l'on donne à voir au monde, elle se rapproche le plus de la personnalité originelle, tandis que les PE sont des parties qui vont venir prendre le relais selon certains déclencheurs et c'est par les émotions qu'elles s'expriment. Dans les cas les plus sévères de dissociation structurelle de l'identité, on trouve plusieurs PAN avec des systèmes d'actions, de pensées, de ressentis bien distincts.

Définition selon le DSM IV

Le TDI est décrit dans le DSM-IV avec les critères diagnostiques suivants:

  1. Présence de deux ou plusieurs identités ou "états de personnalité" distincts (chacun ayant ses modalités constantes et particulières de perception, de pensée, et de relation concernant l'environnement et soi-même).
  2. Au moins deux de ces identités ou "états de personnalité" prennent tour à tour le contrôle du comportement du sujet.
  3. incapacités à évoquer des souvenirs personnels importants, trop marquée pour expliquer par une simple mauvaise mémoire.
  4. La perturbation n'est pas due aux effets d'une substance ou d'une affection médicale générale.

Le point A décrit la division en plusieurs personnalités, chacune développant sa propre vie. Ces personnalités peuvent se percevoir comme ayant différents âges et étant de sexe différent. Ces identités vivent dans le même corps, mais peuvent être dotées de goûts alimentaires et de préférences vestimentaires différents, avoir des amis différents, des facultés intellectuelles et d'écritures distincts etc.. Le point B précise la différence des personnes multiples par rapport aux personnes qui disent avoir un enfant interne. Chez une personne multiple, au moins deux personnalités prennent en alternance le contrôle complet sur le comportement, la pensée, le corps, les sentiments. Souvent, les deux personnalités ne savent rien l'une de l'autre et ne se souviennent pas du tout de ce qui s'est passé pendant le temps durant lequel l'autre personnalité était au contrôle.

Comme évoquée en point C, une amnésie touchant des souvenirs personnels importants fait également partie du TDI. Il est possible qu'une personne multiple qu'une personne multiple soit totalement amnésique au sujet de son enfance, de l'adolescence, d'une grande partie de sa vie d'adulte ou de certains événements importants dans la vie, comme la naissance de son propre enfant, le mariage, ou l'accident de voiture. Pour éviter les erreurs de diagnostic, il est important de s'assurer que les critères A et C ne sont pas dus à l'abus de substance ou à une maladie affectant le fonctionnement du cerveau.

Dissociation et traumatismeDissociation et traumatisme

La dissociation n'est pas forcément pathologique. Nous vivons tous des moments dissociés à un moment ou un autre, les actes manqués en sont un exemple, quand on est au téléphone et que l'on dessine machinalement quelque chose sur une feuille, on peut ensuite s'étonner du dessin... nous étions dissocié. Quand nous entrons en transe hypnotique, nous sommes dissociés. De manière générale, être dissocié, c'est avoir son esprit focalisé sur quelque chose pendant qu'une autre partie fait autre chose. Certaines personnes vivent de manière dissociée continuellement depuis des années et s'y sont adaptés assez bien et sont tout à fait fonctionnelles dans leur quotidien. Mais être dissocié c'est aussi fonctionner à bas régime : imaginez que 30% de vos capacités cognitives sont occupés à autre chose (maintenir un traumatisme en amnésie par exemple, évitant par là le retour d'images, de sensations et de symptômes intrusifs...), il ne vous reste plus que 70 % de vos capacités pour vous concentrer sur une tâche. Les patients dissociés ont donc très souvent des troubles de l'attention.

De nombreuses personnes ayant vécu un traumatisme ont expérimentés des mouvements dissociatifs. C'est une manière dont a le psychisme pour se protéger de quelque chose d'intolérable, sans quoi l'intégrité psychique aurai volé en éclat. Au niveau statistique, 70 % des personnes ayant vécus un traumatisme s'en remettent spontanément. Pour les autres la dissociation va persister comme mode de survie et le patient pourra développer plusieurs troubles (état de stress post-traumatique, dissociation structurelle de l'identité à différents degrés, TDI, etc..)

Les troubles dissociatifs sont caractérisés par la survenue d'une perturbation des fonctions qui sont d'habitude intégrés. Il y a cinq grands types de troubles dissociatifs décrits dans le DSM-IV.

L'amnésie dissociative est caractérisée par une incapacité à évoquer des souvenirs personnels importants, habituellement traumatiques ou stressants, cette incapacité ne s'expliquant pas par une mauvaise mémoire.

La fugue dissociative est caractérisée par un départ soudain et inattendu de son milieu de vie habituel, s'accompagnant d'une incapacité à se souvenir de son passé et d'une confusion concernant son identité personnelle ou bien l'adoption d'une nouvelle identité.

Le trouble de dépersonnalisation est caractérisé par un sentiment prolongé ou récurrent de détachement de son propre fonctionnement mental ou de son propre corps, l'appréciation de la réalité demeurant intacte. On a l'impression d'être devenu son propre observateur. En même temps, on observe souvent différents types d'anesthésie sensitive, un manque de réaction affective, un sentiment de perte de contrôle de ses actes, notamment de ses propres paroles. La dépersonnalisation est une expérience relativement courante et peut avoir un effet indésirable sur la vie sociale, professionnelle et privée. Environ la moitié des adultes ont vécu un épisode unique et bref de dépersonnalisation à un moment de leur vie, avec généralement pour facteur déclenchant un stress intense. Près de 40% des personnes hospitalisées pour des troubles mentaux vivent une expérience de dépersonnalisation transitoire.

Le trouble dissociatif non spécifié dont la caractéristique principale est un symptôme dissociatif mais qui ne répond pas aux critères d'aucun des troubles dissociatifs spécifiques. Par exemple, des états de dissociation chez les sujets qui ont été soumis à des manœuvres prolongés coercitives (lavage de cerveau, redressement idéologique, endoctrinement en captivité, etc.).

Il est important de ne pas confondre le trouble de la double personnalité qui n’a strictement rien à voir avec les pathologies psychotiques en général et en particulier avec la schizophrénie. Il s’agit bel et bien de troubles bien distincts dont les causes et donc la prise en charge thérapeutique sont bien différentes également.

Comment être aidé quand on a un TDI ? Qu'est-ce qu'on peut-faire ?aide

Il est malheureusement impossible d’effacer le passé et ceci d’autant plus, s’il est peuplé d’événements traumatisants. Cependant certaines approches psychothérapiques peuvent aider à mieux faire face à la réalité et à diminuer de manière notable les symptômes handicapants notamment l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) réalisée par un professionnel formé est la thérapie actuellement la plus utilisée dans cette indication. Cette technique va permettre de travailler sur les parts dissociatives. Les autres techniques tel que les thérapies des états du Moi, l’Internal Family System, Intégration des Cycles de Vies, DNMS sont autant d’outils qui vont permettent de travailler sur ses parts dissociatives dont Onno Van Der Hart parle (Gérer la dissociation traumatique Exercices pratiques pour patients et thérapeutes). D’où la nécessité en mon sens, de me former sur ces différentes techniques pour accompagner au mieux des personnes qui ont vécus des traumatismes  chroniques dont le travail de thérapie est souvent long.

La pharmacothérapie occupe une place mineure. Elle vise surtout les pathologies ou symptômes psychiatriques associés comme les symptômes dépressifs qui se développent fréquemment après les traumatismes.