L'ICV (Intégration du Cycle de la Vie) a été inventé par Peggy Pace en 2003 (Lifespan Integration). Cette méthode repose sur la capacité innée d’auto-guérison du système corps-esprit. En parcourant sa ligne du temps au travers de l’imagerie active, le patient intègre les états du Moi qui sont restés bloqués et réagit alors de manière plus adaptée aux événements (petits et grands) de la vie quotidienne. Cette méthode est également très efficace pour traiter différents troubles de l’attachement. J’ai fait le choix de me former en 2019 en ICV (le niveau 1) en complémentarité avec le travail en EMDR, outil que j’utilise plus particulièrement avec des personnes ayant vécu des maltraitances ou des abus pendant des années et dont le travail EMDR est parfois trop difficile.

Qu’est-ce que la thérapie « ICV » ?

Thérapie créée par Peggy Pace, psychothérapeute américaine au début des années 2000, qui est basée sur des recherches en neurosciences portant sur l’anxiété, le trauma et l’attachement.

Lorsqu’un événement trop difficile ne peut être « digéré », il est déconnecté des autres réseaux neuronaux et n’est pas vécu comme passé lorsque l’on se le remémore.

Exemple typique : une personne ayant eu une grosse frayeur lors d’un accident de voiture, qui se met à avoir des palpitations, tremblements, à chaque fois qu’elle remonte dans une voiture, même des années après l’accident. Elle a beau savoir que l’accident est loin derrière elle, son corps réagit comme s’il ne le savait pas.

L’ICV est une approche qui facilite un soulagement souvent rapide tant sur le plan psychologique que physiologique.

Elle repose sur le fait de relancer l’intégration neuronale et la capacité innée du corps et du psychisme à se guérir. Elle est efficace pour tout type de problème psychologique et cela sans retraumatiser.

 ICV

Comment fonctionne-t-elle ?

Les émotions négatives (stress, anxiété, tristesse, peur, colère) peuvent parfois perturber notre quotidien, surtout lorsqu’elles impactent nos comportements.

Lorsque des événements du passé continuent d’influencer notre comportement, consciemment ou non, nous réagissons dans le présent de façon inadaptée aux enjeux actuels, comme si nous cherchions à résoudre la ou les situations du passé non résolues. L’ICV va permettre une modification en profondeur.

En thérapie centrée sur la parole, beaucoup de patients sont en capacité de comprendre pourquoi leur comportement est inadapté (cerveau gauche), pour autant ils diront : « mais je ne peux pas faire autrement, c’est plus fort que moi ! » (cerveau droit).

L’ICV permet la « digestion » des émotions du passé en connectant les réseaux de neurones les uns aux autres afin de dater les événements passés et faire en sorte que le corps n’y réagisse plus malgré nous ; sentir dans son corps que le passé est terminé est ce qui assure le changement.

L’« ingrédient » distinctif de l’ICV : l’utilisation de la Ligne du Temps (LT) de la personne, c’est-à-dire que le thérapeute nomme environ un souvenir pour chaque année de vie du patient, en ordre chronologique. Ce travail sur cette liste de souvenirs peut se faire seul ou accompagné du thérapeute. Le client parcourt ainsi rapidement sa ligne de vie, comme s’il revoyait le film de sa vie. Le processus est répété de 3 à 8 fois pendant la séance, selon le protocole utilisé.

Quelle est la différence entre EMDR et ICV ?

L’ICV par cette ligne du temps, va permettre au patient de comprendre (ou plutôt d’intégrer d’avantage) que les souvenirs du passé sont réellement passés et que les stratégies développées dans le passé pour y faire face n’ont plus de raison d’être. Le cerveau comprend que l’événement est bien terminé. Nous sommes constitués de la somme de nos expériences, lorsque les émotions liées aux souvenirs s’estompent, le comportement change.

La répétition de la ligne de temps, permet ainsi la connexion entre les différents neurones sollicités grâce à l’imagerie mentale, et démontre au cerveau que les événements douloureux sont terminés.

Grace à la plasticité du cerveau, cette thérapie permet d’obtenir des fondations, un soi central solide en permettant la connexion entre le corps et l’esprit.

Mon expérience me montre souvent que des personnes qui ont subis des négligences ou des maltraitances au cours de leur enfance, peuvent se sentir en difficulté avec l’EMDR soit la personne est en hyper-activation c’est-à-dire que son système nerveux sympathique est activée qui fait qu’elle se sent débordée émotionnellement ; soit la personne est en hypo-activation c’est-à-dire que son  système nerveux parasympathique s’active, elle ne ressent plus son corps ni ses émotions. Par expérience, un long travail en amonts est fait pour faire en sorte que la personne ne soit pas en hypo/ou hyper, mais parfois cela n’est pas suffisant. En ce sens, le travail avec l’ICV par cette ligne du temps permet plus facilement et de manière plus douce ce travail de réassociation du corps et de l’esprit.

Très souvent, les personnes font l’expérience par l’ICV, que toutes les parts d’elles qui s’étaient détachées au fur et à mesure des blessures, se réunifient et elles ont le sentiment de ne faire qu’un et de retrouver leur cœur d’enfant, leur joie intérieure.

Bien entendu, c’est au cours du travail en thérapie que nous déciderons ensemble des outils qui sont le plus adapté selon le contexte et votre vécu. Quoiqu’il en soit, chaque outil est complémentaire et peut être associé.

Pour plus d’informations, voir les sites www.aficv.com.